lundi 26 septembre 2016

tentative de sauvetage d'une colonie sous une plaque d'accès au réseau pipeline

Mi aout, j'ai accompagné un ami apiculteur pour la récupération d'une colonie logée sous une trappe d'accès au réseau de pipeline du port.



Les services pro.ont découvert la présence de cette colonie et ont eu la bonne idée de tenter de les faire se relocaliser plutôt que de les détruire en confiant l'opération à des amoureux des abeilles. 





La colonie logée pour moi de cette année avait déjà eut le temps de remplir le maigre espace à disposition. Selon moi autour de 20 à 30 litres ce qui semblait insuffisant pour garantir les besoins de la colonie.

Elles se sont montrées tout à fait coopératives (de plus la colonie n'était plus très populeuse), nous avons trouvé la mère qui au regard de sa ponte semblait déjà bien âgée ou ayant malheureusement une spermathèque bientôt tarie. Bilan mitigé car peu d'espoir pour l'avenir mais en tout cas il fallait essayer....

Aux dernières nouvelles, la colonie ne serait pas vraiment remontée et subirait la pression des frelons asiatiques, dur, dur...

vendredi 23 septembre 2016

Une ruche au look "viking"

Un ami m'a fait don d'une ancienne ruche oubliée dans un grenier. Un trésor à mes yeux, toute une histoire passée et future qui se raconte a qui y est attentif. 



Cette ruche a la particularité d'associer trois techniques de vannerie : vannerie spiralée pour l'isolation (seigle probablement), vannerie tressée pour le fond, l'intérieur, lui est en lattes de châtaigner. Je ne sais pas du tout d'où elle peut venir ? Est-elle rattachée aux savoir-faire vernaculaires d'une région française ? Pour l'instant le mystère plane...
Quoi qu'il en soit ce dont j'étais sure à sa réception c'est qu'elle n'avait jamais vu d'abeilles et qu'en l'état elle n'en verrait pas non plus. J'ai donc imaginé une restauration simple et ai effectué en haut comme en bas un travail de vannerie spiralée, un gros nettoyage, pose de croisillons en noisetier puis un cirage à la flamme. 




Côté isolation, il n'y avait plus de densité dans les fibres de seigle. J'y ai rajouté tout simplement de l'herbe et avec la tension obtenue tout semble parfait pour l'accueil  d'une jolie colonie l'année prochaine. J'ai profité d'un moment de creux pour lui faire une calotte (coupe de graminées dans un champs). Il ne lui manque plus qu'un joli manteau pour accompagner l'écoulement de la pluie et tenir nos protégées loin des affres de la météo normande (prochain sujet).
Bees&Love.

Petit passage télé pour ceux que cela intéresse


Antenne régionale, été 2016

Animation dans le cadre du rucher "pédagogique et conservatoire" du parc de Gromesnil, partenariat Caux Estuaire.

vendredi 29 juillet 2016

"Vanner sa ruche ou son cueille-essaim", une nouvelle proposition qui vient enrichir l'offre des formations Apis Natura

En prise directe avec notre ressource locale et la nécessité d'un accompagnement en conscience de nos alliées ailées, cette nouvelle formation est destinée à tous ceux et celles qui souhaitent apprendre toujours plus des systèmes naturels. Quoi de plus pertinent que d'aller glaner en saison ce que l'environnement a prévu en abondance pour fabriquer à nos protégées des abris qui répondront efficacement aux besoins de développement et au maintien des conditions d'homéostasie des colonies d'abeilles.

Cette formation à la croisée des savoir-faire traditionnels et modernes tente en toute humilité un début de réponses aux problématiques actuelles résultantes de la pression humaine sur l'environnement. Nombreux veulent simplement participer au maintien et à la restauration de la biodiversité, c'est un des fondements de ces ruches dites " de biodiversité" (cf "Ruches de biodiversité, Bernard Bertrand, éditions de Terran)

Cette réalisation au moyen du geste premier qu'est la vannerie spiralée vous rendra acteur de vos engagements envers le vivant sauvage. Mais plus encore, elle vous permettra d'apprendre de vous-même en abordant une autre échelle de temps, celle de la patience, celle des veillées d'autrefois.  Une manière intelligente d'échapper au rythme effréné de notre époque où besoins et envies compulsives se confondent. De plus, vous vous confronterez à la matière : bois, fibres sèches ou vertes, dans une maturation lente et progressive qui vous donnera tout le loisir de laisser votre corps faire... Un rapport au végétal et au temps qui apparait  pour certains méditatif pour d'autres tel une fenêtre ouverte dans l'aide à la construction mentale de nouveaux projets personnels enfin pour tous l'opportunité de faire naître sous ses doigts un bel objet utile à la vie des abeilles.

 "Vanner sa ruche ou son cueille-essaim" :




 Contenu de la journée : 


- cueillette sauvage, sensibilisation à la ressource locale : roseaux, clématites, ronces...(ainsi glaner la matière nécessaire à l'ouvrage)
- initiation à la vannerie spiralée avec deux possibilités  : départ de réalisation d'un cueille-essaim ou d'une ruche-panier (ronde ou depuis un socle aux côtes Warré)



- causerie participative autour de l'intérêt conservatoire et l’accompagnement à l'année des colonies dans ce type d'habitat respectueux
- observation in-situ des différentes ruches en apiculture naturelle

Prix du stage : 80 € (tout compris sauf repas sorti du sac)

Formation les samedis : 
- 24 septembre
- 22 octobre
- 12 novembre 

mercredi 27 juillet 2016

Printemps radieux malgré une météo capricieuse

Ce billet pour faire état de nos accompagnements menés en collaboration avec les abeilles pour ce printemps 2016.
 On ne va pas se le cacher après un magnifique Week-End post fête du cirque 2016, la saison propice à l'émergence de toute vie, s'est transformée en un hiver boudeur avec des températures en journée et en nocturne qui n'ont pas facilitées le labeur de nos amies. Adieu miellées de robinier et de tilleul. (Précision utile : aucune perte hivernale à déplorer, toutes les chounettes ont hivernées sur leur propre miel sans souci aucun. De bonnes réserves nécessaires à la reprise de ponte et au soutien des moments difficiles où mère nature n'a pas mis pas à disposition ses précieux nectars).
 Des dynamiques diverses ont été observées sur les différentes colonies, notamment celle qui a réméré l'an passé et qui a hiverné sur beaucoup de miel. Après un départ plus lent mais incroyablement en prise avec la nature elle-même, elle est aujourd'hui magnifiquement en équilibre.

 Quid de la saison de reproduction ? L'essaimage, cette fête de l'abeille et de l'apiculteur extensif (comprenez celui qui accompagne la vie sans la contraindre) est un plaisir rythmé par les volontés de nos colonies elles-mêmes et celles que la vie a eut bon goût de mettre sur notre route.

Au jardin rucher :
- 4 essaimages dont 3 récupérations qui ont permis de peupler une ruche-tronc en frêne, une ruche horizontale et une ruche panier. Un essaim vagabond que je n'ai pu récupéré mais qui je crois après vérification s'est logé dans un arbre creux de la réserve naturelle (du top !!!)
- 2 divisions faites après les saints de glace, aujourd'hui devenues 4 magnifiques colonies


 - des moments d'intenses frissons à l'écoute des mères qui ont chantées, des abeilles qui ont pleurées la mort d'une vierge ou encore se sont électrisées à son contact. Autant de leçons délivrées par les abeilles elles-mêmes à ceux qui en font leur guide.



Au rucher de Gromesnil (parc Zérophyto) :

- les 2 Warré et la TBH ont été peuplées par de superbes essaims issus du territoire, un grand merci à Claude, Christiane et Pierre pour leur collaboration.
pendant ce temps les animations en partenariat avec Caux-Estuaire vont bon train

Ailleurs :

- 2 cueillettes d'essaim en usine, les colonies ont été accueillies par des stagiaires







Il ne reste plus qu'a souhaiter une bonne suite d'été à nos collaboratrices. Pour l'heure, le châtaigner délivre ses dernières gouttes, tout comme les ronces. Il appartient désormais à la zone sauvage d'assurer le relais avant la miellée de lierre. Épilobe, bardane, berce, reine des près et autres cardères à vous de jouer...

jeudi 9 juin 2016

Apis Natura, la vie associative va crescendo !

Ce début de saison tient ces promesses, je vous propose un petit bilan des actions menées par l'association Apis Natura ces derniers jours :

- l'Assemblée générale s'est tenue dans la joie et la bonne humeur chez Laurent & Céline le dimanche 1er mai au matin (merci à eux). Suivie pour ceux qui le souhaitaient d'une division sur Warré (chez Maryse) avec observations des planches d'envol.




- le projet "un agriculteur une ruche" mené par Laurent a permis à 6 agriculteurs de doter gratuitement leurs fermes d'une ruche nichoir, ruche verticale ou horizontale. Ces abris ont été construits et offerts par l'association Apis Natura (article complet prochainement).

Mathilde de la ferme de l'Oiselière (La Remuée) a reçu une Top Bar Hive déjà peuplée . Modèle à toiture végétalisée.

- Le 28 mai, 14 stagiaires s'initiaient à l'apiculture naturelle. Conjointement se tenait l'inauguration officielle du rucher à vocation pédagogique et conservatoire du Parc de Gromesnil (Saint-Romain de Colbosc). Ce rucher fait partie intégrante d'un projet d'envergure souhaité par la communauté de communes Caux Estuaire. Projet obtenu suite à une appel à projet développé par le département, le jardin démonstratif Zéro Phyto, rassemble les associations environnementales du territoire et permet la création d'un espace consacré à la connaissance et à la protection de la nature par de nombreuses animations autour du  jardin/potager , de l'apiculture naturelle, du  verger ancien et la mise en œuvre de pratiques alternatives respectueuses des écosystèmes. (article complet prochainement).



Pour l'heure, une Warré et une TBH sont peuplées par des essaims (primaires) de l'année. La ressource du parc semble jusqu'à lors répondre aux besoins des colonies puisque les constructions vont bon train et les réserves de nos protégées s'accumulent ...

jeudi 7 avril 2016

Un cueille-essaim en "cloche à abeilles"

Cheu nous en  Haute-Normandie le terme" hive" désigne la ruche. "Hive" est aussi le mot anglais pour ruche, il est très probable que le mot anglais ait une origine française. Il aurait été exporté par les Normands lors des conquêtes de Guillaume le Conquérant. Chez nos voisins bas-normands on dit les "bennes".
Aujourd'hui je vous propose des photographies en pas à pas pour avoir une idée des étapes de confection d'un cueille-essaim dans l'esprit des "cloches à abeilles".






















Première étape élémentaire : 
glanez vos matières premières, en ce qui me concerne habitant en zone humide, je fauche au marais des roseaux et joncs. Deux bonnes brassées sont nécessaires à la réalisation d'un cueille-essaim de 30 litres environ. Les fibres constituées de tiges creuses formes des chaumes (pailles naturelles avec des nœuds) qui  seront assemblées selon la technique de la vannerie spiralée. Elle consiste en des brins de fibres formant un toron enroulé sur lui-même en spirale et généralement cousu.


 Pour cet objet, je suis partie d'une branche d'If que j'ai percé pour l’amorce. La spirale se développe autour de l'axe central jusqu'à obtenir une assiette de 20 cm environ. Pour les détails techniques se référer aux articles précédents ou venir  découvrir et pratiquer en live à l'occasion d'un stage. Il suffit pour cela de me contacter.






Des trous à l'opposé sont creusés en vue du positionnement des futurs croisillons (en noisetier pour moi).







A cette étape il est crucial afin de maximiser vos chances de réussite, de faire superviser votre réalisation par un adorable et magnifique chat roux. 







                                                                                                                                                                                                                               

Aborder la descente ....



A une dizaine de cm avant la fin, je vous propose d'évaser votre ouvrage afin de créer une sorte d'entonnoir puis d'insérer les croisillons et finir par renforcer le dernier toron avec de la ficelle. Cette dernière étape n'est pas ornementale, elle rigidifie l'ensemble et permettra à votre ouvrage de résister au temps.




 Hâte de mettre tout cela en pratique avec la période d’essaimage qui se dessine, à ce propos avez-déjà croisé quelques mâles aux abords de vos ruches ?